La crise du COVID a mis en évidence notre dépendance des pays d’Asie sur des filières de production stratégiques. En France, le plan de relance, doté de 100 Mds € concerne 5 domaines d’activités stratégiques. Ces domaines sont :

  • la santé,
  • la 5G,
  • l’agroalimentaire,
  • les intrants essentiels,
  • et l’électronique.

La France est le premier sous-traitant électronique en Europe devant l’Allemagne. La France a encore quelques pépites dans le secteur qui font de l’électronique un secteur d’avenir. Or, dans les décennies précédentes, la conception et la fabrication des équipements électroniques a été largement délocalisée en Asie. Et pourtant, une partie de ce marché pourrait être relocaliser en France.

Comment la relocalisation de l’industrie électronique est-elle possible ?

Plusieurs facteurs convergent pour rendre ce retour possible :

Le développement des objets connectés industriels. En effet, la valeur de ce marché dépasse celle du marché des objets connectés grand public. Enjeu de souveraineté nationale, création de valeur et de nombreux emplois indirects, ce type de projets demande de lourds investissements et une vision à moyen – long terme.

Exemple d’un investissement dans un outil industriel

Le Groupe Lacroix investit 30 M€ sur un site industriel de fabrication de composants électroniques. Pour être rentable, le site de production du groupe doit doubler de taille et créer seulement 50 emplois directs supplémentaires.

L’essor de la nano technologie. La fabrication des composants (première étape de production) est largement robotisée. La robotisation de la production de composants rend moins attractive la sous-traitance en Asie.

Exemple d’une relocalisation en repensant la conception du produit

BMS Circuit, une société basque produit « Ma fabrique à histoires ». Jeu grand public, ce produit était fabriqué en Asie. Il a été aujourd’hui rapatrié en France grâce à une nouvelle conception de la carte électronique. En effet, le choix des composants, leur emplacement sur la carte etc… permettent une production robotisée. A prix équivalent pour l’acheteur, ce produit a été vendu à 300 000 exemplaires en 2020.

– La recherche et le développement. Même sur un marché hautement concurrentiel, comme celui de la fabrication des composants pour écrans, tablettes, téléphones ou lunettes connectées, certains segments très techniques peuvent être relocalisés. L’objectif n’est pas de relocaliser toute la production, mais une partie de la production pour répondre à des demandes sur des marchés à haute valeur ajoutée.

Exemple d’une stratégie de prise de part de marché par l’innovation

La société ALEDIA fabrique des micro LED 3D compatibles avec tous les types d’écrans. La fabrication de ces micro LED se fait grâce à la culture de micro cristaux sur plaques de silicium.

En conclusion, adresser des marchés à forte valeur ajoutée est possible grâce à l’innovation mais aussi à des caractéristiques de Time to Market spécifiques à certains segments. En effet, les phases de production et de livraison deviennent de plus en plus stratégiques dans des marchés en forte accélération. D’une part pour être proche du client final, mais aussi pour une meilleure gestion par les fabricants du besoin en fond de roulement.

Source: www.lesechos.fr/ces-entreprises-qui-parient-sur-les-relocalisations-1300833#xtor=RSS-2012