Faciliter l’accès à la réparation pour prolonger la durée de vie des appareils. Contrainte ou opportunité pour les industriels ?

L’obsolescence programmée, ça ne passe plus ! Entre sensibilisation des consommateurs et durcissement des lois, les industriels s’adaptent.

Un encadrement légal en construction

De plus en plus de mesures visent à prolonger la durabilité des produits, à l’instar du projet porté par la commission européenne visant à imposer d’ici 2024 un chargeur unique aux fabricants de smartphones et autres appareils électroniques.

Depuis le 1er janvier 2021, la loi AGEC (Anti-Gaspillage pour une Economie Circulaire) impose à 5 familles de produits l’affichage d’un indice de réparabilité (lave-linge à hublot, ordinateurs portables, postes de télévision, smartphones et tondeuses). La loi AGEC cherche ainsi à orienter le consommateur vers des achats plus responsables, en incitant en cas de panne à réparer plutôt que de renouveler.

Les industriels s’organisent…

Face à ces nouveaux enjeux, les industriels s’organisent pour assurer la réparabilité de leurs appareils.

Cela passe notamment par la disponibilité de leurs pièces détachées. Pour garantir 10 ans de disponibilité des pièces détachées, SEB a pris des mesures pour limiter les volumes stockés.

L’entreprise réduit les références de pièces détachées. Terminé les pièces détachées spécifiques à un modèle d’appareil ! Elles sont désormais uniformisées pour un usage standardisé sur un ensemble d’appareils.

Certaines références spécifiques et peu communes sont fabriquées par impression 3D. Ce procédé permet de limiter le stock. Il n’est plus nécessaire d’acheter et stocker l’équivalent de 10 ans de pièces détachées pour le SAV, les imprimantes 3D fabriquent en fonction des besoins réels.

… Et se lancent sur le marché de la réparation

SEB va même plus loin et s’associe avec le Groupe ARES pour ouvrir début 2021 RépareSEB. Cette structure, qui s’inscrit dans une logique de développement durable et d’économie circulaire, forme des travailleurs en insertion au métier de réparateur.  Les appareils réparés sont revendus dans une boutique seconde main. Plus localement, Envie 35 en Bretagne, utilise depuis de nombreuses années la réparation de l’électroménager comme support à l’insertion par l’activité économique.

L’acteur français SOS Accessoires s’est lancé sur le marché de la réparation des appareils électroménagers dès 2008. Il propose la vente en ligne de pièces détachées dédiées à l’autoréparation. Pour rendre accessible la réparation même aux moins bricoleurs, la société propose de l’assistance à distance, des diagnostics et des tutos en vidéo.  SOS Accessoires, qui a levé 10 millions d’euros en juin dernier, est en pleine croissance.  L’entreprise expédie jusqu’à 3.500 commandes par jour et compte plus de 1 million de visiteurs uniques chaque mois. Un partenariat avec l’enseigne Boulanger vient d’être officialisé sur novembre.

La réparabilité devient ainsi un axe stratégique du développement des enseignes électroménagères. Une part du chiffre d’affaires de ventes de matériels neufs va être progressivement transférée vers la vente de services aux particuliers notamment. Il reste toutefois à évaluer la capacité des consommateurs à changer leurs comportements et prendre le temps de réparer et rallonger la durée de vie de leurs équipements.

 

Sources : 

Olivier de Montlivault cartonne avec SOS Accessoire – Les Echos Entrepreneurs

L’indice de réparabilité, une étape vers la durabilité des produits – L’Usine Nouvelle

SEB veut tenir sa promesse d’appareils réparables – L’Usine Nouvelle