Dans le cadre du plan de relance, un soutien à l’investissement pour l’efficacité énergétique et l’évolution des procédés est ouvert aux entreprises ; soit un taux d’aide éligible de 50 %  pour une petite entreprise et de 40 % pour une moyenne entreprise. La décarbonation de l’industrie est une priorité nationale, aujourd’hui accompagnée par des dispositifs.  Elle s’inscrit dans la Stratégie nationale bas-carbone (SNBC) qui ambitionne d’atteindre la neutralité carbone dès 2050 et de réduire l’empreinte carbone de la consommation des Français. L’industrie est un des secteurs visés par la SNBC avec des objectifs de réduction des émissions de GES par rapport à 2015 de -35% à 2030 et -81%  à 2050. Comment les atteindre ?

  • en développant de systèmes de production bas-carbone,
  • en intensifiant la recherche et le développement de procédés de fabrication bas-carbone,
  • en améliorant fortement l’efficacité énergétique et en ayant recours à des énergies décarbonées,
  • en maîtrisant la demande en matière,
  • en développant l’économie circulaire.

Les métiers des process industriels réalisent de longue date des diagnostics énergétiques. L’optimisation de l’existant est un réflexe naturel de l’industriel pour conserver ses avantages concurrentiels. Un des postes actuels pour gagner en compétitivité consiste à mettre en place des moyens de comptage communiquants pour réduire les consommations et les pertes non techniques. C’est un grand pas vers la décarbonation qu’il convient de compléter par des moyens de réduction intrinsèque des consommations énergétiques. Il est évident, pour de nombreux industriels, qu’un investissement dans des solutions d’optimisation énergétique peut engendrer des gains financiers à court et moyen terme. Choisir un mix énergétique privilégiant des ressources renouvelables aux énergies fossiles est un levier.

La décarbonation est-elle aussi un levier de croissance et de performances pour l’industrie et les services ?

Décarboner pour diversifier ses produits

Décarboner nécessite, le plus souvent, de revoir la conception de ses produits finaux et de ses usages. Par conséquence, des produits nouveaux plus sobres apparaissent sur le marché. Les produits peuvent être conçus pour une durée de vie plus longue, favorisant la réparation et le remplacement des pièces pour un meilleur indice de réparabilité. Les produits peuvent être conçus à partir de matériaux alternatifs, proposant des caractéristiques équivalentes, mais moins gourmands en ressources carbones. Dans tous les cas, la stratégie doit inclure une analyse de l’acceptabilité par le client ou le consommateur pour ce nouveau produit. C’est une opportunité de différenciation sur le marché pour une industrie.

Voir notre article « Pourquoi diversifier ses activités industrielles »

Collaborer autrement pour décarboner

Dans la chaîne de valeur de la production, les flux physiques entre les fournisseurs et les clients, jusqu’à la distribution émettent des GES. L’empreinte carbone peut être également réduite par des choix stratégiques en matière d’organisation, de supply chain et de politique des achats. Il est possible de mettre en place un approvisionnement local des matières premières, des partenariats avec des fournisseurs en proximité ou encore un choix de production au plus proche de son lieu d’usage.

Voir notre article « La coopération facteur de résilience »

Passer du produit aux services pour décarboner

Transformer ses produits en service nécessite une réflexion profonde sur leurs usages par les clients ou les consommateurs finaux. Il s’agit de commercialiser l’usage du produit et non plus le produit en tant que tel. La décarbonation se situe au niveau de la consommation de ressources visant à satisfaire l’usage du client en réduisant la quantité de produits nécessaires à cet usage. En proposant un service facturé visant à partager un bien de consommation ou un matériel, l’industrie contribue à réduire les coûts carbone tout en apportant une valeur ajoutée à son offre voire une diversification de ses produits. Nos modes de consommation sont, aujourd’hui, bouleversés par des tendances à l’abonnement ou aux changements fréquents de biens, laissant de plus en plus de place à des fournitures de service « à l’usage ».

Voir notre article « Quand diversifier son offre de service devient un geste éco-responsable »

Cette stratégie collective pour une transition de l’industrie vers une production plus verte, moins émettrice de GES doit tenir compte des enjeux de création de valeur sur les territoires. Il est possible, via l’innovation et la coopération de concilier performance économique et transition énergétique. Ce sont les objectifs des dispositifs Crisalide Industries et Eco-activités animés par Créativ.

Sources :

Plan de relance et décarbonation de l’industrie – economie.gouv.fr

SNBC – Stratégie nationale bas-carbone

Pour aller plus loin : 

Avec la participation de Cécile Lagadec, conseillère innovation et cheffe de projet du programme régional Mixenn lancé en 2021 pour accélérer la transition énergétique du transport en Bretagne.