Le son de blé est utilisé dans l’alimentation animale et représente 800 000 tonnes par an en Europe. En capitalisant sur un procédé de traitement du son de blé par ozone (Oxygreen), la minoterie Bretonne Paulic veut se développer sur le marché de l’élevage des insectes. La minoterie lève des fonds pour financer de nouveaux outils de production de son de blé « faible en toxines », un atout pour les insectes et un produit à plus forte valeur ajoutée. 

Nourrir 10 milliards d’humains en 2050 

Pourquoi les insectes sont une source d’alimentation écoresponsable ? 

Aujourd’hui plus de 2 milliards d’êtres humains sont entomophages, principalement en Amérique du Sud, en Afrique et en Asie. En Europe, l’alimentation à base d’insectes est autorisée depuis 2017 dans l’aquaculture et quelques entreprises se positionnent sur des produits transformés ou des produits élaborés à partir de farine d’insectes à destination de l’alimentation humaine. Encore anecdotique aujourd’hui, le marché mondial de la nourriture à base d’insectes représentera en 2030 selon Barclays 8 milliards d’euros par an, soit 733.000 tonnes. 

Comparé au bœuf, la production d’insectes représente 5 fois moins de production de gaz à effet de serre tout en étant une source de protéine équivalente (100 gr de criquets fournissent autant de protéines que 100 gr de bœuf). Avec 10 kg de nourriture animale, il est possible de produire : 1 kg de bœuf, 3 kg de porc, 5 kg de volaille ou…. 9 kg d’insectes.  

Et le kilo d’insectes représente une source d’alimentation riche en protéine, mais aussi en fer, en omégas 3 et en vitamine. Miam ! 

Innover pour améliorer la rentabilité et la qualité de la production d’insectes 

Les insectes coûtent cher à produire : c’est un met d’exception. Grâce aux progrès techniques, ces coûts ont été divisés de 2 à 5 fois (entre 20€ et 50€/kg) mais restent pour autant encore beaucoup plus importants que pour d’autres sources de protéines végétales comme le soja. Baisse des coûts de production et très bonnes propriétés nutritives : le marché des insectes offre des débouchés importants pour les industriels de la chaine agroalimentaire.  

La minoterie Paulic, avec 5 sites en Bretagne, entend bien adresser le marché de l’élevage d’insectes avec un son de blé bas en toxines. En effet, le procédé innovant Oxygreen détenu à 100% par la société permet de traiter la farine par ozone, limitant ainsi les toxines et mycotoxines (champignons). Elle entend lever entre 6 et 10,6 millions d’Euros sur la place boursière Alternext pour financer le développement de son outil de production et multiplier son CA sur le son de blé par 5 d’ici 2023. La diminution de toxines et autres contaminants obtenue grâce à ce procédé permet de limiter la mortalité des insectes et même d’améliorer leur croissance dans les élevages.    

Sources :

 

article rédigé par Pauline BERNIERE – Conseillère innovation – CEEI Créativ