La crise économique qui s’amorce dans le prolongement de la crise sanitaire du Covid 19 sera à nouveau l’occasion de questionner la pertinence de notre modèle économique et en particulier la nature des chaines de valeur.

Les enseignements de la crise de 2009 à amplifier ?

La crise de 2009 avait été l’occasion en France de tenter une charte de bonnes pratiques pour la filière automobile, filière reconnue pour la dureté de ses relations client-fournisseur et sa stratégie d’achat bas-coût mondialisée très aboutie. Les approches d’achat exclusives par les prix ont montré leur efficacité pour baisser les prix des produits mais aussi pour détruire le tissu industriel en repoussant une part toujours plus grande de la production dans les pays à bas-coût. Au-delà de la question de l’emploi, de la souveraineté et de la capacité des Etats à répondre à leurs propres besoins, c’est aussi la résilience du système qui est questionnée à l’avenir mais aussi sa capacité à innover pour s’adapter aux évolutions structurelles.

Les crises vont se multiplier

Les crises sanitaires, les crises climatiques vont se multiplier, on le sait. C’est un fait nouveau qui interroge la capacité d’adaptation des chaines de valeur à ces événements répétitifs. Des chaines de valeurs moins étendues géographiquement pourraient être moins vulnérables à la multiplication de ces crises.  Mais c’est aussi la nature des relations client-fournisseur, très majoritairement basées sur des rapports de force qui questionne. Des approches plus coopératives, où le prix n’est pas l’unique élément de la relation, où la prise des risques, le partage de la valeur, le service…sont pris en compte, pourront améliorer la résilience des systèmes économiques. Des chaines de valeur plus collaboratives permettant un plus grand niveau de confiance, un partage intelligent de la valeur seraient à l’avenir plus à même de s’adapter,  de stimuler aussi l’innovation, en particulier pour s’adapter aux enjeux environnementaux.

Créer des écosystèmes productifs coopératifs et territoriaux parait nécessaire pour relever les enjeux sociétaux devant nous. C’est sans doute un des défis majeurs de l’industrie du futur.

Un changement drastique dans la façon de sourcer nos fournisseurs [est nécessaire].
Développer de véritables partenariats, partager les intérêts et les risques, qu’ils soient financiers, sociétaux, environnementaux.
Elvire Regnier-Lussier, ancienne directrice des achats du groupe Avril, prédit un vaste chantier de reconstruction.

Gageons que nous soyons collectivement capables de cette ambition pour demain.

Source : Entreprises : Il faudra « un changement drastique de la façon de sourcer nos fournisseurs »