Résilience et coopération sur le territoire

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L’actualité et les tensions géopolitiques mettent en avant les difficultés d’approvisionnement en matières premières et la souveraineté des états. Certes l’énergie fossile est au cœur des tensions actuelles et en lien avec nos enjeux climatiques. L’augmentation des prix rend plus complexe la recherche de compétitivité des industries européennes. Cependant nous sommes dépendants, en termes d’approvisionnements, des relations mondiales, des cours des marchés et des pénuries pour l’ensemble des matières premières. Il est donc nécessaire de prendre en compte, dans les processus d’achat et de logistique, ce contexte particulier. (voir notre article : Comment les entreprises abordent elles leurs approvisionnements en 2022?)

Il s’agit également, au niveau du territoire, de mettre en place les leviers de résilience et de compétitivité hors coût. Le Conseil économique, social et environnemental régional (CESER) présente dans son rapport « la coopération avec et entre les entreprises, facteur de résilience en bretagne » les enjeux de la coopération au niveau du territoire.

Accéder aux marchés et anticiper les transitions

Faire face aux nouveaux défis et engager des transitions sont nécessaires à la résilience en période de crise mais peuvent devenir des leviers de développement importants. Sachant qu’une crise peut en cacher une autre, mettre en place des stratégies internes et collectives durables peut devenir gage de sérénité et de pérennité pour notre économie Bretonne. Les coopérations et donc les mutualisations des ressources peuvent apparaitre sous plusieurs formes. En ce qui concerne les matières premières, sous les aspects coûts et difficultés d’approvisionnement, une mutualisation des processus d’achat permet d’améliorer sensiblement la compétitivité des entreprises qui se regroupent. De la même manière, il est possible de partager des ressources, outils industriels ou mains d’œuvre, pour réduire les coûts de production. L’innovation est aussi au cœur des projets collectifs. Il s’agit de trouver collectivement et au sein d’un territoire des synergies positives pour valoriser l’ensemble de l’écosystème local. Enfin, pour compléter les atouts de la mutualisation des ressources destinée à réduire les coûts de fabrication, le regroupement d’entreprises pour répondre à des marchés inaccessibles seules est essentiel pour transformer la compétitivité en accès aux marchés. Cela peut prendre la forme d’une force commerciale commune, de prescriptions croisées ou de candidatures communes à des appels d’offre. De nouvelles filières vont émerger de ces nouvelles dynamiques collaboratives comme c’est le cas des filières de recyclage ou de remanufacturing dont les acteurs proviennent de différents secteurs d’activités.

Coopérer pour développer les ressources du territoire

La résilience d’un territoire passe par la préservation et le développement de ses ressources. Cela concerne l’ensemble des ressources matérielles, immatérielles, environnementales, humaines et sociales. Les collaborations et les logiques de filières, existantes ou émergentes, sont des leviers importants pour préserver ces ressources et créer de la valeur sur le territoire. Les développements des connaissances et des données, la communication sur le dynamisme et les initiatives locales sont aussi des éléments essentiels. La préservation des ressources naturelles est un des enjeux majeurs en Bretagne comme sur l’ensemble des territoires ainsi que le maintien des compétences, des emplois et la sécurisation des parcours dans les industries locales. Créer des filières locales faisant intervenir des acteurs de métiers différents mais complémentaires renforce la compétitivité de l’ensemble des entreprises de la chaîne de valeur et la robustesse de l’organisation. La diversité en métier et en taille des acteurs entraine une agilité favorable à la création de nouveaux modèles économiques et une capacité d’adaptation rapide au contexte économique.

Innovation sociale et économie circulaire, une transition en cours

L’enjeu d’une innovation permanente est bien connue pour maintenir une forte compétitivité des entreprises et l’innovation sociale est, par analogie, l’enjeu de la compétitivité des territoires. L’économie circulaire et l’économie sociale et solidaire prennent une place importante dans l’économie locale en apportant, aux chaînes de valeurs existantes une plus-value importante. L’économie circulaire participe grandement à la résilience des territoires en réduisant fortement la consommation de ressources non renouvelables et en améliorant la flexibilité des ressources humaines. La collaboration entre acteurs économiques, d’horizons variés, crée de nouveaux écosystèmes plus compétitifs mais aussi plus écologiques et responsables.

Les soutiens publics dans la stratégie résiliente des entreprises

Le rapport CESER (ici) recense de nombreux exemples mettant en œuvre des coopérations entre les entreprises. Il présente également les appuis et soutiens des organismes publics et des réseaux dans l’émergence de ces nouvelles pratiques et de ces nouvelles filières à valeur ajoutée. Ces organismes apportent leur soutien, la fluidité des échanges et l’animation de ces nouveaux écosystèmes.

L’adaptation des modèles économiques existants, intégrant l’innovation sociale, la bonne utilisation des ressources et la recherche de performance des outils de production est un investissement collectif utile pour répondre aux défis communs des acteurs du territoire.

 

Sources :

Guerre en ukraine les prix des matières premières explosent et les bourses chutent -FranceInfo.fr

Rapport coopération : ceser.bretagne.bzh

Etude_AgileBuyer TendancesAchats_2022