https://abonnes.lemonde.fr/economie/article/2018/07/18/airbus-et-boeing-se-tournent-vers-les-services-pour-doper-leurs-marges_5333185_3234.html

De longue date, les équipementiers ou surtout les motoristes de l’industrie aéronautique ont développé des offres de solutions s’affranchissant d’un modèle produit.

Rolls Royce est sans doute l’un des pionniers dans ce domaine avec le lancement de son offre dès 1962. Les compagnies aériennes n’achètent et donc n’acquièrent plus des moteurs mais payent un tarif à l’heure d’utilisation des moteurs.

Par ailleurs, la filiale Maintenance & Ingénierie d’Air France KLM contribue significativement aux résultats du groupe avec plus de 1,8 milliard d’euros de chiffre d’affaire généré par des prestations de service pour le compte de plus de 200 clients tiers.

Enfin, si les signatures de contrat d’achats entre les ‘avionneurs’ et les compagnies aériennes font les unes à l’occasion du Bourget ou de Farnborough, les détails de transaction impliquant des sociétés de leasing sont rarement communiqués. La chaîne de valeur d’un moyen ou long courrier se révèle extrêmement atomisée tout au long du cycle de vie des avions.

Or, à l’image de l’industrie automobile qui a vu la montée en puissance des équipementiers en tant que fournisseurs de sous-ensembles de plus en plus complets, Boeing et Airbus ont vu des acteurs tels Rolls Royce, Safran ou GE se tailler la part du lion en termes de valeur : finalement les marges de ces derniers, compte tenu de l’intensité capitalistique de leurs activités, sont relativement faibles dans le domaine de l’aviation commerciale.

Capter plus de valeurs passe donc pour les Romulus et Rémus de l’aviation commerciale par des mouvements stratégiques.
Réintégrer de la valeur en se positionnant sur la conception et la fabrication de certains éléments clés, et non plus la seule intégration des équipements fournis par des tiers sur la carlingue qu’ils fabriquent. c’est le sens du mouvement opéré dans le domaine de l’avionique.
Capter plus de valeur à travers de nouveaux services liés à l’usage de leurs produits, en transformant les contrats de vente en contrat de services intégrant des prestations tout au long du cycle de vie des avions.

Boeing et Airbus ouvrent donc un nouveau champ de compétition qui dépasse leur seul duopole mais s’avère indispensable face au constat de la montée en compétence et en puissance du concurrent chinois qui se prépare à capter des parts de marché sur le marché le plus dynamique et le plus rémunérateur d’Airbus, Boeing et leurs écosystèmes respectifs.

On peut toutefois douter que le développement de nouveaux services mette un terme à la compétition technologique qui a donné naissance aux coûteux programmes A380 ou B787 ?

 

Source : https://abonnes.lemonde.fr/economie/article/2018/07/18/airbus-et-boeing-se-tournent-vers-les-services-pour-doper-leurs-marges_5333185_3234.html