#Diversification

Gare de Rennes (vue de nuit)

La diversification, ça vous Gagne ?

Une pause au cours d’un trajet autoroutier estival m’a conduit à relire avec un autre œil un article repéré de longue date. Après avoir visité la nouvelle gare de Rennes, je me trouvais face à une nouvelle réalisation d’ampleur de l’entreprise Gagne. Cette PME est spécialisée dans la conception-réalisation de charpentes métalliques complexes et industrialisées.

Chantier du STEEL
Gare de Rennes (vue de nuit)Gare de Rennes (vue de nuit)Chantier du STEELGare de Rennes (vue de nuit)

En m’appuyant sur notre méthodologie d’accompagnement, on peut considérer que le charpentier Gagne a réuni de nombreuses conditions préalables à une diversification réussie.

  1. Des objectifs stratégiques de conquête
    Gagne a opté pour le marché des charpentes métalliques complexes et industrialisées avec une logique de d’augmentation de marge.
    Ainsi les contrats du nouveau centre commercial stéphanois et la gare rennaise illustrent la capacité de conquête de parts de marché significatives.
  2. S’appuyer sur les actifs de l’entreprise
    Gagne disposait déjà d’un savoir-faire reconnu dans le domaine de la charpente métallique industrialisée. L’entreprise a su capitaliser et structurer ses actifs techniques. Gagne bénéficie d’une capacité interne d’études et d’ingénierie.
    Ses dirigeants ont aussi su faire fructifier ses actifs organisationnels. Ils ont notamment entretenu une culture ‘travaux’ qui contribue à la différenciation de Gagne vis-à-vis de ses concurrents. En effet, peu d’entre eux intègre aussi verticalement l’activité, de conception-réalisation.
  3. Un marché en croissance
    Comme nous l’évoquions déjà au sujet de l’entreprise Saniez, l’entreprise Gagne s’inscrit dans cette tendance qui voit l’acier prendre une part croissante parmi les solutions constructives.

D’après le Moniteur (le 31 Mai 2019)

Le parcours exemplaire de Trigo

D’abord spécialiste qualité automobile

Créée en 1997, TRIGO est devenu un des leaders mondiaux de la qualité opérationnelle. Dans l’automobile, activité historique, Trigo propose des services de gestion des non-conformités des composants entrants en interface avec les constructeurs et les équipementiers, cela afin de garantir les hauts niveaux de qualité en sortie d’usine. Aussitôt les défauts qualité identifiés, Trigo met en place sur les sites constructeurs des dispositifs de contrôle, de tri, de reconditionnement afin de livrer la ligne avec des composants conformes.

De l’accompagnement à l’international de ses clients à la diversification

Pour accompagner ses clients dans leur stratégies internationales Trigo a développé ses implantations  hors France, notamment via des rachats jusqu’en Amérique du Nord avec le rachat de PIC Group en 2015.

A partir de son savoir-faire Trigo s’est également diversifié sur d’autres marchés du transport en particulier dans l’aérospatial. Pour ce dernier Trigo a développé d’autres approches de contrôle qualité de sous-ensembles avant expédition chez l’avionneur, afin de garantir la conformité en phase de lancement de nouvelles productions. Ces besoins sont ponctuels et Trigo apporte son savoir-faire en ingénierie qualité et en flexibilité.

Une nouvelle offre industrielle

Présent sur toute la chaine de valeur de production automobile, le groupe Trigo franchit une nouvelle étape avec l’ouverture d’une usine de reconditionnement d’automobiles d’occasion dans le Doubs, proche de l’usine PSA de Sochaux. Sur 3000 m², l’usine doit pouvoir reconditionner 10 000 voitures par an pour le marché de l’occasion. Trigo exploite son savoir-faire automobile, son savoir-faire en qualité opérationnelle et sa proximité avec PSA pour proposer cette nouvelle offre : une approche industrielle du reconditionnement permettant un trip tic qualité/cout/délai optimisé pour ce marché du VO devenu stratégique pour les constructeurs. L’usine amorce son activité avec Peugeot mais doit rapidement ouvrir à d’autres constructeurs.

Un parcours exemplaire pour Trigo passé par une étape de développement à l’international pour suivre ses clients, de développement d’offres d’ingénierie qualité pour fidéliser ses clients, puis de diversification sur le marché de l’aéronautique, jusqu’à la création d’une offre propre de remarketing industriel d’automobiles d’occasion mixant son savoir-faire avec une attente forte du marché.

Source : Trigo ouvre une usine à Allenjoie et vise 80 recrutements – Le Trois

Suivre une recette, facteur clé de réussite

Diversification industrielle : les clés d’une formule réussie ?

Suivre une recette, facteur clé de réussite

Free-Photos / Pixabay

Le rôle d’un dirigeant est souvent comparé aux métiers de la création artistique. On mobilise fréquemment l’image du chef d’orchestre pour objectiver les qualités du dirigeant.

Pour financer astucieusement son projet, l’un de nos partenaires file la métaphore de la mayonnaise, cette émulsion qui lie des composants aux propriétés a priori incompatibles (Merci Damien Laurent, pour le financement ou la mayonnaise c’est par ;-).

Réunir les bons ingrédients

Ainsi la diversification, comme tout acte stratégique, se révèle un excellent support de comparaison à une autre recette culinaire.

Pourquoi l’image des pâtes ?

Parce que c’est finalement une recette simple, qui nécessite seulement quelques ingrédients de qualité, un peu de savoir-faire et de la patience. Parce que les pâtes sont aussi d’excellents supports pour imaginer des déclinaisons variées à partir d’une même base, que ce soit en termes de goûts et de formes.

Et réussir une bonne diversification ?

Cela nécessite donc une bonne dose d’actifs stratégiques, idéalement une bonne base industrielle reposant sur des actifs techniques solides, une organisation performante. Cela nécessite de trouver le(s) marché(s) en croissance pour permettre la bonne « pousse » et d’y adjoindre la pincée d’originalité.

Consignes de préparation :
Avoir au préalable une bonne vision des objectifs et des critères de réussite.
Et comme pour la réalisation de pâtes fraîches, penser clients ET expérimenter dans un environnement contrôlé (avec des proches bienveillants mais pas complaisants !).
Ou encore ne pas hésiter à vous faire accompagner pour trier les idées et projets 😉

Enfin la fabrication des pâtes est aussi une excellente introduction pour évoquer Solutions Composites qui imagine de nouvelles applications au procédé de pultrusion, développé par son partenaire italien Top Glass.

Et si Solutions Composites détenait LA recette ?

Effectivement Solutions Composites se révèle être une aventure entrepreneuriale inspirante quand on traite des enjeux de la diversification.

Donc les dirigeants de Solutions Composites…
… se sont appuyés sur des actifs techniques, industriels
…ont sélectionné des marchés en croissance pour assurer la viabilité de l’entreprise et financer son développement
…cultivent l’originalité avec pour credo le composite partout, pour tout remplacer

Fondée en Touraine, cette PME est d’abord une agence commerciale d’un industriel italien, leader européen des composites pultrudés. Progressivement l’entreprise constitue une capacité propre à réaliser et mettre en oeuvre ses formulations de matériaux composites (la recette, la recette…).  A son tour experte de la pultrusion, la PME a développé la maîtrise du procédé de son partenaire pour créer des solutions destinées à des marchés BtoB spécialisés. Sa devise ? « Développer des solutions visant à étendre le champ d’applications des Matériaux composites »

Ainsi Solutions Composites a développé une gamme de solutions de cheminement pour les activités ferroviaires, que ce soit pour les activités back office des opérateurs ou que ce soit des solutions techniques de cheminement pour les usagers et clients. C’était l’un des actifs phare de Top Glass, l’industriel italien.

Sans maîtrise, la pultrusion n’est rien (?)

Ce travail sur le cheminement des clients a permis à l’entreprise de développer de premiers groupes homogènes d’actifs  autour de savoir-faire spécifiques.

Alors Solutions Composites a pu lancer ViaID une activité de conception et fabrication de mobilier urbain, la gare n’est-elle pas un attribut de l’urbanité par excellence ?

Si le travail sur le mobilier urbain a conduit à la réalisation des anneaux de Buren qui ceignent pour partie l’île de Nantes comme pour souligner la renaissance des anciens hangars à bananes. Il a certainement poussé les équipes de Solutions Composites à considérer la Ville comme une nouvelle terre de conquête.

La recherche de nouvelle valorisation du savoir-faire de l’entreprise lui a permis d’accompagner les évolutions du marché de ses clients historiques, notamment le renouveau des services de tramways.

Forts de leur expertise du composite, les ingénieurs de Solutions Composites ont développé des solutions pour un cheminement des tramway sans caténaires, le composite ouvrant à une solution d’alimentation par le sol (notamment à Bordeaux et  Tours).

Alternative à une caténaire

Tram alimenté en énergie par le sol

Composante Composite urbain et architectural

Poursuivant sa stratégie de développement (avec Ansoff pour boussole ?), les équipes de Solutions Composites poursuivent la réflexion quant aux apports du composite pour la ville de demain.

Le composite est ainsi devenu un support pour la fonctionnalisation des bâtiments avec un système de végétalisation des façades, de récupération de calories.

Compte tenu des qualités techniques des matériaux composites, ce caractère isolant qui a fait son succès dans les ateliers de maintenance industrielle, Solutions Composites a aussi conçu des ombrières photovoltaïques.

Infrastructure de recharge, architecture composite

Infrastructure de recharge

Mais, au final, c’est bien le concept CompoHouse qui pourrait faire basculer Solutions Composites. La conception de ce système constructif original est adaptée aux exigences environnementales de la réglementation. Elle répond aux attentes de Maîtres d’Ouvrage mieux disants. Et elle ouvrirait alors la voie à une production non plus de petites ou moyennes séries mais bien à de plus grandes séries.

Système constructif WallE+

Détails du système constructif développé par Solutions Composites

Construire des maisons pour sortir des niches

Non seulement l’entreprise tourangelle réussirait le tour de force d’avoir multiplié les diversifications génératrices de valeur ajoutée en jouant astucieusement les niches, mais elle prend position avec ambition sur un marché où la performance commerciale et le volume capté auront un rôle essentiel !

La CompoHouse semble résoudre de nombreux challenges auxquels la construction traditionnelle se confronte : construction à énergie positive, confort quelle que soit la saison, coûts et temps de mise en oeuvre…

En synthèse (avec l’aide d’Igor Ansoff), on peut retracer l’aventure initiée par Laurent Destouches avec le schéma ci-dessous

matrice Ansoff

Les couples produits marchés de Solutions Composites relus avec Ansoff

  1. Avec l’aide de Top Glass, il a conquis le marché des cheminements techniques pour les opérations de maintenance ferroviaire
  2. Solutions Composite développe des solutions originales en lien avec les marchés précédents. L’entreprise étend l’application des qualités techniques du composite à de nouvelles applications pour des clients identiques ou d’une culture proche.
  3. La réalisation de solutions originales ouvrent la voie à de nouvelles propositions pour de nouveaux clients. Solutions Composites investit de nouveaux marchés.
  4. Finalement Solutions Composites investit pour accélérer sa stratégie de développement. Sa nouvelle solution : un système constructif pour le marché de la construction hors site, segment de marché dynamique du BTP.

Enfin, imaginons…

…Une nouvelle réglementation énergétique, en lieu et place de l’actuelle la RT2012. Notamment plus contraignante en terme de calcul du poids CO2 de l’opération.
Un accroissement de la pénurie de main d’oeuvre qualifiée.
Un renchérissement des matières premières et de l’énergie.
Un resserrement des conditions de financement.

Ce scénario n’est pas invraisemblable. Il implique des conditions critiques pour la construction traditionnelle. Il éclairerait les solutions de construction hors site sous un nouveau jour pour nombre de maîtres d’ouvrage. Donc il pourrait permettre aux entreprises qui innovent à destination de ce marché de réussir leurs paris.

Parions ensemble. Ce n’est pas la dernière fois que nous évoquerons les enjeux de ce marché sur le site de Crisalide Industrie 😉

Guillaume Ménard, conseiller Innovation – CEEI Créativ
d’après les sites de Solutions Composites et ses fililales (WallE+ et ViaComposites), et les articles Batiweb, CompoHouse, un bâtiment démonstrateur à énergie positive réalisé en matériaux composites (04/07/19)
et Les Echos, Solutions Composites se prépare un avenir dans le bâtiment (le 10/06/19)

Le défi « Diversifier ses marchés » en vidéo

Valoriser ses actifs matériels et humains pour conquérir de nouveaux marchés est un des quatre défis proposés par l’accélérateur Crisalide Industrie.

Découvrez cet enjeu stratégique, illustré par les entreprises de la nouvelle promotion #2 !

Les savoir-faire acquis sur ses marchés historiques peuvent s’avérer pertinents pour conquérir de nouveaux marchés en croissance. Ces stratégies de diversification visent le croisement des filières en réponse à des marchés en mutation comme ceux de la mobilité ou de la transition énergétique… L’objectif est de mettre à profit ses actifs industriels forts et différenciants pour construire des stratégies offensives de croissance et développer une offre nouvelle adaptée aux marchés en croissance.

 

Safran débute la production de moteurs électriques pour drones et taxis volants – L’Usine Aéro

Safran, motoriste pour l’aéronautique se met à l’électrique. Le groupe industriel ouvre une unité de production dédiée à la production de moteurs électriques pour aéronefs électriques dont il estime qu’ils seront entre 50 000 et 100 000 à voler d’ici 20 ans. Il s’agit notamment de taxis volants. Le moteur électrique est un composant bien plus simple qu’une turbine thermique et le groupe s’attend à une concurrence beaucoup plus forte compte tenu de barrières technologiques à l’entrée moindres. L’option est ainsi d’automatiser fortement les lignes de production et de mettre en œuvre des leviers rapides de productivité : de 3 à 5 d’ici 2 ans ! Mais c’est également toute la chaine de valeur électrique qu’il s’agit de maîtriser du générateur électrique, à la batterie jusqu’au moteur.

L’électrification des moyens de production ouvre de nouveaux marchés de diversification.

Franck LAMIRE, Conseiller Innovation, CEEI Créativ.

Source : Safran débute la production de moteurs électriques pour drones et taxis volants – L’Usine Aéro

L’usine Bosch de Rodez vers une lente diversification

L’usine BOSCH de Rodez, est spécialisée dans la fabrication de bougies de préchauffage et d’injecteurs pour moteurs diesel. La chute des ventes de moteurs diesel ces dernières années entraîne une baisse mécanique de l’activité du site. Un peu de prospective automobile sur l’évolution du mix des motorisations suffit à se convaincre que le site doit trouver des relais de croissance nouveaux pour pérenniser son savoir-faire et ses emplois. Plusieurs pistes de diversifications sont étudiées par l’usine dont la fabrication de pièces automobile comme des barres de torsion, voire en sous-traitance pour l’aéronautique. Mais c’est de la décision stratégique du groupe BOSCH de s’engager dans la pile à combustible que pourrait venir la meilleure piste de diversification à moyen terme pour une transition durable du site de BOSCH.

Franck Lamiré – Conseiller Innovation – CEEI Créativ

Source : L’usine Bosch de Rodez amorce une lente diversification | Les Echos

Voiture d'occasion

Le pot de peinture et la voiture (d’occasion)

Le marché de l’après-vente automobile est traversé par de profonds bouleversements. Notamment on y constate la montée en puissance du web comme canal de distribution des véhicules d’occasion. Les fondateurs de RefitNGiN se sont associés avec OMIA, acteur traditionnel du marché de la cabine de peinture.
Un classique de l’articulation stratégique inter-entreprise en somme ? Une alliance pour conquérir un marché !
En effet, pour développer une proposition de valeur pertinente pour le marché émergent du reconditionnement, les entreprises OMIA et RefitNGiN peuvent compter l’une sur l’autre.

Complémentarités et ambitions partagées

Voiture d'occasion

Free-Photos / Pixabay

Ainsi, OMIA fait valoir son savoir-faire industriel de conception/fabrication d’équipements de traitement de surface et de peinture et sa capacité à déployer des services avancés de mise en service et de maintenance des installations.
Cela permet de proposer des solutions aux standards de l’industrie 4.0 pour un nouveau métier industriel : le reconditionnement automobile.

Alors que RefitNGiN valorise son expertise singulière du marché des véhicules d’occasions, plus particulièrement le segment en forte croissance des véhicules reconditionnés. RefitNGiN se présente comme une start-up du refit, ayant développé des solutions pour répondre aux attentes spécifiques de ce marché.

Des distributeurs auto 2.0 comme clients

En France, des acteurs tels Aramis Auto* ou Briocar** animent l’émergence du marché du véhicule reconditionné. Exploitant le web, ces distributeurs automobiles nouvelle génération ont besoin d’équipements nouveaux. Aussi Aramis et consorts ont besoin d’un accompagnement. Une opportunité pour Omia et RefitNGiN afin de mettre en oeuvre avec efficience l’organisation industrielle nécessaire à ce nouveau métier.

La collaboration OMIA + RefitNGiN permet de dépasser le rôle de fournisseur d’outils, leur alliance permet un positionnement en prestataire de services avancés. Les nouvelles exigences des consommateurs dans un contexte d’intensité concurrentielle élevée imposent de porter les offres des véhicules d’occasion à de nouveaux standards de qualité que seuls des procédés industriels permettent d’atteindre.

Guillaume Ménard, conseiller Innovation – CEEI Créativ
d’après Omia s’attaque au remarketing VO avec RefitNGiN (Auto-Infos, le 20 mars 2019)
et Aramisauto résiste sur un marché de l’occasion en recul en 2018 (Le Monde, le 5 février 2019)

*  groupe PSA
** groupe Bodemer, distributeur automobile du grand Ouest

Crisalide Industrie, appel à candidature

Vous êtes une entreprise industrielle bretonne ?  Vous avez des perspectives de développement ? Vous souhaitez développer un projet de diversification, de coopération inter-entreprises, d’intégration de nouvelles technologies ou de développement de services (évolution de votre business modèle vs produit) ?

Candidatez à Crisalide Industrie [ICI] pour

  • être accompagné dans l’élaboration de votre feuille de route,
  • challenger votre projet de développement,
  • accéder à un réseau d’affaires.

Accédez au formulaire en ligne sur www.crisalide-industrie.bzh

Contact : Franck LAMIRE, conseiller innovation et référent IDF Industrie du Futur – CEEI Créativ

 

Diversification : pari gagné pour La Menuis’ (56)

La Menuis’ à Pontivy (56) a été rachetée par Philippe GLOUX en 2007 et comptait alors 2 compagnons. 12 ans plus tard elle en compte 22, et connait une croissance régulière de 8 à 15% chaque année. Quelle recette pour cette belle histoire dans un secteur qui parait bien concurrentiel ?

D’abord, le partis pris de répondre à des affaires spécifiques, sur mesure, complexes où la concurrence est moindre et la compétence de l’entreprise mieux valorisée.

Ensuite, le parti pris de répondre à des marchés très locaux, par le bouche à oreille en économisant l’action commerciale.

Troisièmement en diversifiant le portefeuille client, reparti entre le marché des particuliers, celui du tertiaire et celui des marchés publics.

Enfin par une stratégie de diversification dont la dernière dans les fenêtres aluminium, marché porteur, avec l’investissement d’un nouvel outil de production dédié à cette activité et une nouvelle entité « Ty Alu ».

Franck Lamiré – Conseiller Innovation – CEEI Créativ

Source : La Menuis’ a gagné le pari de la diversification – Le Journal des Entreprises – Morbihan

Scopelec se diversifie dans les services

Scopelec, la plus grosse coopérative de France en effectifs a réalisé une nouvelle levée de fonds pour soutenir son projet de développement ambitieux.

Porté par le développement de la fibre optique et Orange dont il est le 1er fournisseur, Scopelec vise aussi une diversification de son activité au travers la vente de services télécom aux entreprises et aux collectivités. Il s’agit finalement d’une extension de son savoir-faire de maintenance des réseaux pour les opérateurs ; néanmoins, afin de crédibiliser cette offre, Scopelec développe de nouvelles compétences en cyber-sécurité et dans l’Internet des Objet notamment par une stratégie de rachats d’entreprises spécialisées dans ces domaines.

Nouvelle offre à partir de son savoir, nouvelle clientèle, il s’agit d’une véritable diversification stratégique anticipant une baisse programmée de l’activité travaux neufs en fibre optique. Une nouvelle activité qui comme la maintenance permet une récurrence des revenus, intéressant pour la stabilité du modèle économique.

Franck Lamiré – Conseiller Innovation – CEEI Créativ

Source : Scopelec lève 29 millions d’euros pour se diversifier dans les services | Les Echos

"Partie d'échec"

DiversiFAURECIA

Et si Faurecia était l’un des champions français de la diversification ?

"Partie d'échec"

SteenJepsen / Pixabay

La présentation des résultats de l’entreprise pourrait conduire à une analyse hâtive.
En effet, les nouvelles offres du fournisseur de solutions pour l’industrie automobile pèsent déjà 12% du chiffre d’affaires en seulement deux ans !?

Mais ces résultats bénéficient de choix stratégiques construits dans le temps long, notamment concernant les mobilités soutenables.

Une ambition, une feuille de route et deux moteurs

A long terme, Faurecia mise donc sur deux moteurs de croissance :

  • la « mobilité soutenable » (pack batteries, hydrogène)
  • et le « cockpit du futur »

Cette feuille de route guide les investissements massifs réalisés par le groupe : la création de la nouvelle coentreprise Symbio avec Michelin ou encore l’acquisition de l’équipementier japonais Clarion.

Ce qui nous semble particulièrement intéressant dans la démarche de Faurecia, c’est cette capacité à mettre en cohérence une vision à long terme de l’évolution de son marché, des attentes des clients et utilisateurs finaux et une capacité à générer de la valeur à court terme. Une gageure !

Les dirigeants de l’équipementier (filiale de PSA) fixent un cap qui, pour les experts, semble pertinent au regard de l’évolution de la mobilité. La R&D est ainsi conduite au regard de cibles à atteindre en termes de qualités techniques et économiques. Faurecia développe par exemple, des solutions de mobilités soutenables différentes en fonction de critères d’autonomie kilométrique et de coûts.

Les développements sont inscrits dans une durée

Si certaines solutions sont mures au regard des attentes des clients et trouvent dès à présent échos chez les industriels, elles génèrent du chiffre d’affaires à court terme, confirmant et confortant les options stratégiques des dirigeants.
Aussi, elles permettent d’alimenter la courbe d’apprentissage de l’entreprise sur ces nouveaux marchés.

Afin d’alimenter la trajectoire de développement à moyen terme, d’autres développements menés par ailleurs par Faurecia cherchent à anticiper des tendances des marchés. Ils font l’objet de travaux de recherche ou d’expérimentation.
Car ses travaux de R&D répondent à des enjeux environnementaux et sociétaux, Faurecia s’appuie sur des dispositifs de soutien financier de la puissance publique et sur l’excellence académique française pour imaginer des solutions créatrices de valeurs et d’emplois et ainsi accélérer son développement dans une compétition globale.

Indispensable pour doubler de taille à l’horizon 2025 et rester un challenger compétitif du marché !

Guillaume Ménard, conseiller Innovation – CEEI Créativ
d’après Faurecia signe des résultats historiques (Les Echos, le 18/02/19)

Ikea | Quand le leader mondial de l’ameublement se réinvente

Image par mastrminda de Pixabay _ ikea

Image par Mastrminda de Pixabay

Fondé en 1943, Ikea n’a pas fini de se réinventer. Le leader mondial de l’ameublement, 8.8 milliards d’euros de CA, entame un large virage stratégique. Ikea s’interroge, teste et évolue sans jamais perdre de vue sa raison d’être « créer des modes de vie meilleurs et durables au profit du plus grand nombre » afin de mieux tenir sa promesse. C’est peut-être là une des clés du succès de la méthode Ikea d’où l’importance pour une entreprise de définir sa raison d’être.

 

Sur quelles tendances de marché s’appuie-t-il ?

Ikea anticipe les évolutions sociétales et connait parfaitement les habitudes des consommateurs (enquête, visites d’appartement, questionnaires en masse,…). Aujourd’hui, les consommateurs :

  • commandent de plus en plus en ligne. Ikea réalise seulement  5% de ses ventes en ligne ;
  • sont plus soucieux de l’environnement. Après avoir pris la mesure du gaspillage alimentaire, Ikea a sorti de nouvelles boîtes plus transparentes pour stocker ses restes au frigo ;
  • sont moins friands des grandes zones commerciales périphériques et des immenses boîtes.

Comment changer l’image qu’ont les jeunes générations d’Ikea, allergiques à la consommation de masse et aux multinationales ? Quelles sont les tendances qui impacteront la vie des gens dans 20 ans ?

En réponse, Ikea s’appuie sur des axes stratégiques de développement  :

  • Proposer des meubles en leasing. Ikea débute le test avec les clients suisses à qui ils proposent de louer du mobilier de bureau, véritable service d’abonnement. Les meubles loués viendront ensuite alimenter un autre levier de croissance : la seconde main.
  • Augmenter la durée de vie des meubles et proposer du seconde main. Ikea met en place deux possibilités : rendre ton produit en échange d’un bon de réduction ou louer des meubles (abonnement). Ces produits sont ensuite reconditionnés, puis revendus à moindre coût. Afin de prolonger leur durée de vie, Ikea teste également la vente de pièces détachées (visses, charnières…).
  • Réduire son empreinte écologique. L’objectif est fixé : réduire de 15% son empreinte et être autosuffisant en énergie.  La société vise un modèle circulaire dans lequel elle ne vend plus seulement les produits, mais les récupère et les réutilise pour la conception de nouveaux articles. Le groupe recycle déjà du bois et certains produits comme les matelas.
  • Se diversifier en exploitant ses actifs sur de nouveaux domaines comme les nouvelles mobilités. Et si la voiture autonome devenait un espace à meubler ? Appliquer l’expertise d’Ikea en matière de petits espaces pour réfléchir aux nouvelles fonctions de la voiture.

Quelle stratégie de déploiement ? 

  • Ikea teste sur un site, expérimente. Les initiatives sont étendues en cas de succès.
  • Les immenses magasins en périphérie ne correspondent plus aux attentes des clients. Ikea cible de nouvelles implantations en centre-ville, accessibles à pied ou en transport en commun. Ses nouveaux points de vente ne contiendront ni parking, ni dépôt, ni chemin imposé afin de mieux coller aux habitudes des clients. Son nouveau concept est au croisement du showroom et du magasin classique.
  • Ikea développe des partenariats ponctuels avec des créateurs, des influenceurs sous forme de collections, des produits de niche qui dopent la valeur immatérielle de la marque et qui nourrissent son impératif de différenciation.

Les fondamentaux de la stratégie d’Ikea sont les cinq piliers du « design démocratique » : forme, fonction, qualité, développement durable et bas prix. Ces valeurs ne sont absolument pas négociables. Ikea part toujours du prix final auquel sera vendu le produit avant même de le concevoir. Ikea a bâti son modèle hyperstandardisé sur le volume « produire des objets esthétiques, solides et accessibles ». Seulement 20% du catalogue est renouvelé chaque année, les innovations sont hypermédiatisées.

Pour s’écarter du modèle « big box » qui a fait son succès, l’entreprise fait preuve d’une véritable agilité. La recette de Ingvar Kamprad, son fondateur ? « Toujours penser à long terme ».

 

Pour en savoir plus :

En pleine transformation, Ikea se lance dans le « leasing » | Les Echos

Ikea, des étagères Billy à la voiture autonome | Les Echos

Après le leasing, Ikea teste la vente de produits d’occasion | Les Echos

How IKEA plans to deliver its goods via electric trucks and vans | GreenBiz

 

Cécile LAGADEC | Conseillère innovation | CEEI Créativ

Les relais de croissance de Lego

Le secteur traditionnel du jouet est confronté à des difficultés ; de nombreux points de vente ferment.

Lego, le géant danois du jouet, a enregistré un recul de ses ventes en 2017, pour la première fois depuis 15 ans. En réponse à cette alerte, l’industriel, « créateur de nouvelles expériences de jeu », se tourne vers le digital et la Chine comme relais de croissance :

  • la Chine car 90% des enfants vivraient en dehors de l’Europe et des Etats-Unis, ses principaux marchés actuellement.
  • le digital. Exit les petites briques de nos salles de jeu ? Pas du tout, Lego combine le physique et le digital ! La nouvelle gamme « Lego Hidden » permettra de faire apparaître des personnages dans le décor construit par nos enfants grâce à une application de réalité augmentée à combiner avec les traditionnels Legos.

Ou comment une industrie traditionnelle adapte et enrichit son offre grâce au numérique.

Source : Lego retrouve le chemin de la croissance – Les Echos

Objectif diversification pour la filière composite en Bretagne

BDI, Bretagne Développement Innovation, publie une synthèse consacrée à l’économie composite en Bretagne.

On y apprend que la Bretagne totalise 147 acteurs dont 113 entreprises avec une concentration des activités de moulage et de fabrication. L’industrie bretonne des composites est fortement tournée vers les marchés du nautisme et de la voile de compétition ; la filière est très présente à l’international.

BDI précise que « fortement liée au nautisme, l’industrie composite bretonne étend les solutions qu’elle a d’abord pu développer dans ce secteur vers d’autres marchés. La diversification est un des objectifs forts de la filière. »

La filière composite comprend tous les acteurs fabricants de pièces et ensembles en composites, les constructeurs d’équipements de fabrication dédiés aux composites, les producteurs de matières premières et de consommables, les prestataires de services, les utilisateurs finaux ainsi que les distributeurs.

Pour accéder

Location de poids lourds : un relais de croissance pour les constructeurs

Pour les transporteurs, l’achat des camions a longtemps prévalu avec une logique patrimoniale de possession du parc, voire même une relation affective avec le parc de poids lourds. On constate aujourd’hui un développement important de filiales de location des constructeurs à côté des spécialistes de la location. MAN, Scania, Volvo Trucks, Daimler ont chacun leur filiale de location de poids lourds. Estimé à 15 % des ventes de poids lourds neufs aujourd’hui, les locations pourraient représenter un tiers du marché en 2025 selon Charteway, la filiale de Daimler.

En analyse de cette évolution rapide, les acteurs constatent un changement des attentes des transporteurs souhaitant mieux maîtriser leurs postes de dépenses face à des marchés plus volatiles. A l’approche patrimoniale, les dirigeants privilégient de plus en plus une approche « coût kilométrique » du poids lourd incluant le véhicule, les équipements, l’entretien, l’assurance, le véhicule de remplacement… La location courte durée pouvant répondre à des variations d’activité. La location permet aussi de transférer les risques réglementaires, les risques inhérents aux nouvelles technologies comme le GNV, Gaz Naturel Véhicules, et le risque de valeur de reprise VO. Les constructeurs s’emparent de cette tendance pour être présents sur ce marché, d’autant que les parcs de véhicules, par effet de concentration des transporteurs, ont tendance à se contracter de l’ordre de 3% par an. Cette offre de service devient un facteur de différenciation. A côté des enseignes de location, les constructeurs développent par conséquent également des enseignes spécialisées pour les ventes de poids lourds d’occasion en deuxième vie.

Franck Lamiré, Conseiller innovation Créativ

 

Les constructeurs s’intéressent de plus en plus à la location, un service supplémentaire apporté à leurs clients et un sacré “booster” de croissance.

D’après : Location : Un relais de croissance pour les constructeurs VI – Transport Info

La croissance externe : le plus court chemin d’une diversification réussie ?

Diversité d'oeufs

annca / Pixabay

Acquérir une activité complémentaire peut accélérer votre stratégie de diversification !
Cela nécessite de réunir des conditions favorables à la réussite de votre percée sur le marché résultant du déploiement de nouvelles offres et/ou l’acquisition de nouveaux clients.

Les exemples d’industriels tels Saniez ou CETIH relèvent de raisonnements stratégiques fondés sur des principes communs :

1- une analyse des actifs économiques et techniques de votre entreprise ;

2- une identification claire d’un marché en croissance, des conditions requises pour y accéder comme des attentes des clients ;

3- une mesure du saut en termes de capacités à déployer pour proposer une nouvelle proposition de valeur performante sur un marché méconnu ou peu exploré jusqu’alors par votre entreprise ;

4- une définition précise de la cible pertinente en raison de son caractère complémentaire en termes de savoir-faire, d’accès aux marchés.

De la porte d’entrée de pavillons
Aux solutions d’enveloppes actives pour bâtiments performants

Pour CETIH, ne plus être ‘simple’ fournisseur d’ouvrants pour les marchés de la construction et de la rénovation de logements est une décision qui relève de multiples constats.
On peut imaginer que les dirigeants ont su anticiper :

  • l’évolution des incitations fiscales qui animaient le marché de la rénovation, notamment le renouvellement des fenêtres et portes qui sortaient du régime du Crédit d’Impôt pour la Transition Énergétique ;
  • le ralentissement de la construction de logements neufs ;
  • mais aussi l’évolution de la réglementation énergétique régissant la construction et la rénovation des logements.

Le marché du solaire ?

L’articulation stratégique avec un acteur des énergies renouvelables s’inscrit ainsi dans un dessein et donc une vision qui dépasse la stratégie de croissance organique qui a fait de CETIH une ETI leader européenne du marché de la porte d’entrée et un challenger du marché de la fenêtre.
Face à l’évolution de son marché, CETIH cherche à étendre son marché en développant des solutions performantes et actives pour l’enveloppe des bâtiments.

Ainsi, l’articulation avec Systovi permet au groupe CETIH d’élargir son offre pour ses clients historiques en proposant notamment des panneaux aérovoltaïques, une solution pour rendre le logement plus autonome en énergie, plus performant.
Cette option peut notamment s’expliquer par une analyse des besoins en énergie des nouveaux logements construits : le 1er poste de consommation d’un logement neuf n’est autre que la production d’eau chaude sanitaire.
C’est aussi une application qui permet à CETIH de prendre (plus) pied sur le marché des bâtiments à usage tertiaire ou industriels.

Si beaucoup d’entre nous ont franchi le seuil d’une porte fabriquée par CETIH, nous sommes aussi très nombreux à bénéficier des solutions de protection conçues par Saniez.

De la clôture des bords d’autoroutes
Aux structures métalliques pour bâtiments

En effet, c’est au sein des ateliers de cette entreprise qu’ont été fabriquées les clôtures de protection des lignes TGV qui tracent leurs sillons à travers le territoire français. Ce marché est aujourd’hui arrivé à maturité. La Ligne à Grande Vitesse Bretagne Pays de la Loire est sans doute l’un des derniers projets de cette envergure en France.

Si le contexte sécuritaire a nécessité le renforcement de la sécurisation d’un certain nombre d’infrastructures aéroportuaires ou portuaires, les perspectives de croissance pour Saniez s’éloignaient des heures euphoriques liées à l’effet TGV.

On comprend donc que les dirigeants de l’entreprise aient conduit une réflexion pour identifier des relais de croissance cohérents. Les critères ? Un marché cohérent avec les capacités de l’entreprise, un outil industriel dimensionné pour produire du linéaire de clôture métallique préfabriquée au kilomètre.

La construction métallique ?

Le Nid d’Oiseau qui a servi d’écrin aux JO de Pékin en 2008 est sans doute une forme très baroque de l’architecture contemporaine. Il illustre parfaitement la part essentielle et toujours croissante de l’acier dans la construction. Des réalisations comme le MUCEM à Marseille démontrent que l’acier est certes une solution structurelle éprouvée. Mais sa résille métallique révèle une solution esthétique au service de la construction.

Les dirigeants de Saniez ont certainement identifié cette opportunité.
Rapidement ils ont du mesurer aussi le pas à franchir en termes de compétences et savoir-faire.

Pourquoi acquérir des PME spécialisées dans la conception, la fabrication et l’installation de structures métalliques pour le bâtiment ?
Pour permettre au groupe Saniez de développer plus rapidement une nouvelle offre.
D’abord pour ses clients historiques. En effet les acteurs de la constructeurs de LGV sont aussi les majors du bâtiment. Mais l’industriel nordiste a ainsi pu développer cette offre pour adresser de nouveaux clients.

Ces acquisitions ont permis de bénéficier de l’accès à des marchés jusqu’alors peu ou pas explorés.
En effet, ces structures disposaient des compétences internes. Notamment la capacité à dialoguer avec des bureaux d’études et d’ingénierie. Donc une maîtrise d’œuvre.
Elles pouvaient aussi faire valoir les références nécessaires pour présenter une candidature pertinente face aux attentes d’une Maîtrise d’Ouvrage.
Deux clés de l’accès au marché.

Et vous ?

Et si nous faisions le pari de vous accompagner pour identifier ce partenaire ? Accélérer votre développement ? Conquérir des parts sur un marché en croissance ? Satisfaire de nouvelles attentes de clients à l’affût de solutions plus efficientes ?

Guillaume Ménard, conseiller Innovation – CEEI Créativ
d’après Les clôtures Saniez quadrillent le territoire (Les Echos, le 05/02/19)
et Le nantais Cetih investit dans la rénovation énergétique de l’habitat (La Tribune, le 23/09/18)

Quand 3 plombiers se diversifient et multiplient par 10 leur activité. Des recettes applicables à tout projet de diversification.

L’histoire part de la certitude des 3 dirigeants que les chaudières fuel ne pourront longtemps suffire à garantir leur activité. De ce moteur, ils se penchent en 2003 sur les énergies renouvelables en créant la société GR Energies et sont aujourd’hui 30 personnes. La décision stratégique est clé pour faire aboutir le projet, y compris en investissant du temps pour y arriver : « Nous étions une petite PME, mais nous n’avons pas hésité à nous soustraire du temps directement productif, pour partir en visite et voyage d’étude ». Il s’agit d’investir sur le long terme pour réussir.

2ème recette : S’appuyer sur ces compétences et aller chercher les compétences manquantes sans réinventer la poudre. L’entreprise a repéré les bons partenaires, suffisamment en avance pour leur faire gagner du temps, en France mais aussi en Europe. Il a s’agit aussi de recruter les compétences manquantes comme un spécialiste du photovoltaïque ou un ingénieur agronome lorsqu’ils se sont lancés dans la méthanisation.

3ème recette : Savoir faire évoluer le modèle économique. Les installations étant plus complexes et les clients devenus plus souvent des professionnels, l’entreprise a du faire évoluer son modèle, de la vente d’équipement à des installations clés en main avec des garanties de performance et une capacité de SAV efficace.

4ème recette : Structurer la capacité financière de l’entreprise afin de poursuivre l’investissement dans l’innovation et des projets de plus en plus capitalistiques.

Réussite à méditer !

Source : GR Energies a osé dépasser son métier d’origine – Le Journal des Entreprises – Côtes-d’Armor

Pourquoi Acome investit le marché de la mobilité connectée ?

Connue pour être la plus grande SCOP industrielle de France, ACOME est leader du marché mondial du câble pour réseaux très haut débit avec pour principaux clients les opérateurs télécoms. Les dirigeants ont planifié 70 millions d’euros pour accélérer la stratégie de diversification : en 2018, Acome investit 27,7 M€ dans son programme de diversification « automobile et mobilité connectée ».

Profil économique d'Acome

Chiffres Clés d’Acome (2017)

Un programme de diversification riche d’enseignements

Le mouvement stratégique d’Acome visant le marché de la mobilité connectée est une véritable diversification qui peut être expliquée par plusieurs hypothèses :

  1. Les marchés traditionnels de l’entreprise déclinent ou ses dirigeants anticipent leurs déclins ;
    Après les investissements colossaux consentis au cours de la décennie 2010, le marché de l’infrastructure télécom haut débit va donc devenir un marché mature avec une dynamique d’achat de renouvellement. Le volume de chiffre d’affaires va donc mécaniquement décliner.
  2. Le portefeuille client est fragilisé par un mouvement de concentration de ses clients ;
    La question française d’un marché à 3 ou 4 (opérateurs de téléphonie mobile) illustre une tendance globale. Le marché global des fusions-acquisition est notamment animé par les opérations de concentration du marché des télécoms, or ce mouvement semble s’accélérer.
  3. Le positionnement marché du câblier est trop fortement dépendant du marché des réseaux haut débit.
    Les télécoms représentent plus de 50% du chiffre d’affaires d’Acome.

Or, les dirigeants d’Acome ont certainement pu établir le diagnostic suivant :

  1. Acome dispose de capacités d’investissements ;
  2. Acome a sans doute épuisé toute politique de consolidation et de développement sur ses marchés actuels.
  3. La mobilité connectée offre de nouvelles opportunités de développement qui dépassent les attentes et besoins traditionnels de l’industrie automobile jusqu’alors adressés par les solutions développées par Acome.

Ce qui les conduit à cibler un nouveau couple solution/marché inscrit dans la durée répondant à une ambitieuse politique de développement, conforme à un objectif de générer 15 à 20% de chiffres d’affaires supplémentaires à moyen terme.

Pourquoi la mobilité connectée semble une cible de choix pour Acome ?

C’est un marché cohérent avec les spécificités d’Acome

En effet, c’est un marché qui répond aux critères de volume de chiffres d’affaires.
Acome pourra sans doute bénéficier de synergies techniques et industrielles voire commerciales.
La taille des séries pour le marché des télécoms et pour la mobilité connectée s’inscrit dans des ordres de grandeur similaires.

Acome est en capacité de satisfaire les attentes des clients du marché de la mobilité connectée

L’entreprise est mondialement connue pour la qualité de ses actifs techniques et organisationnels, ce qui lui a permis de capter une partie du marché de fourniture des câbles pour les géants des télécoms. Imaginer qu’elle aura la capacité à satisfaire les attentes des clients de l’industrie des mobilités n’apparaît donc pas irréaliste.
Le marché des câbles haut débit est comme le marché de la mobilité un marché global, Acome peut s’appuyer sur son expertise et ses savoir-faire pour adresser ce nouveau marché.

La mobilité connectée offre des perspectives durables de croissance

Comme le marché des infrastructures Telecom haut débit a pu l’être, la mobilité connectée est un marché appelé à une très forte croissance, les dirigeants d’Acome ont pu s’appuyer sur un certain nombre d’éléments pour élaborer le plan stratégique.
Enfin, la SCOP normande pourra capitaliser sur son modèle de développement industriel et commercial pour avoir la surface critique adaptée aux exigences de clients tels que les acteurs des industries automobile, ferroviaire ou aéronautique pour être un offreur de solutions pertinentes en termes de qualités techniques et économiques !

Au final, Acome fait un pari stratégique qui pourrait passer pour très classique aux yeux d’Igor Ansoff théoricien de la diversification mais qui offre certainement le meilleur rapport risques/espérances de gain au regard de l’histoire d’Acome.

Guillaume Ménard, conseiller Innovation – CEEI Créativ d’après Acome investit 27,7 M€ dans son programme de diversification « automobile et mobilité connectée »

Veolia se lance dans le recyclage des panneaux photovoltaïques

Véolia a ouvert en juillet dernier une  unité de valorisation de panneaux solaires photovoltaïques. D’une durée de vie de 25 ans, les panneaux arrivés en fin de vie, ont en effet vocation à être remplacés par des nouveaux panneaux, ce qui ouvre le champ à un nouveau marché considérable de valorisation de ce déchet. Il s’est monté 190 000 tonnes de panneaux en 2016-2017 en France. Le procédé Véolia, protégé par un brevet, permettra de valoriser 95% du panneau et de réutiliser les matériaux : verre, silicium, aluminium, cuivre, résidus d’argent.. obtenus par broyage et criblage du panneau.

Une diversification pour Véolia, dans un métier que l’entreprise connait bien et avec un potentiel important de développement.

Source : Veolia se lance dans le recyclage des panneaux photovoltaïques

L’industrie bretonne, histoires de diversification

Les savoir-faire acquis sur des marchés historiques peuvent s’avérer pertinents pour conquérir de nouveaux marchés en croissance.

Diversification : Valoriser ses actifs matériels et humains pour conquérir de nouveaux marchés

L’objectif est de mettre à profit ses actifs industriels forts et différenciants pour construire des stratégies offensives et développer une offre nouvelle adaptée aux marchés en croissance. La stratégie de diversification est certainement la plus complexe à mettre en œuvre pour l’entreprise et la plus coûteuse en ressources. Elle peut combiner le développement d’une nouvelle offre pour un nouveau marché. Les objectifs visent une augmentation significative du chiffre d’affaires (CA) et de la marge. Elle vise aussi à remplacer des produits/marchés en déclin, à diversifier le portefeuille client ou à viser un nouveau marché porteur pour lequel les actifs de l’entreprise sont un réel atout. Quelques exemples d’entreprises du dispositif Crisalide Industrie qui se diversifient :

AMI, du remanufacturing ou manufacturing

AMI (ASSISTANCE MOULES INJECTION – 10 salariés – 900 k€ de CA), basée à Caudan (56), est spécialisé dans l’étude, la réalisation, la réparation et la mise au point d’outillage pour l’injection plastique. L’entreprise a développé un savoir-faire de remanufacturing de moules métalliques pour l’injection plastique. « En 14 ans, plus de 6 000 outillages sont passés par notre atelier » témoigne Julien Jégouic, co-dirigeant. Cette expertise en rénovation de moules est apparue comme un véritable élément différentiant à valoriser. AMI se diversifie dans la conception de moules neufs et finalement,  va du remanufacturing au manufacturing en apportant une garantie de services sur les moules neufs. AMI connait suffisamment les défaillances des moules pour bien concevoir des moules techniques neufs et fiables.

AZ Métal, de sous-traitant à développeur de produit en propre

AZ MÉTAL (20 salariés – 2,4 millions € de CA), basée à Quévert (22) conçoit et fabrique des ensembles mécano-soudés des nacelles pour Manitou à des équipements collectifs (terrains de sport, aires de jeu). AZ Métal a souhaité diversifier ses activités en s’appuyant sur ses savoir-faire, dans la conception et la fabrication de bacs et conteneurs pour la collecte. « Nous avons entamé notre diversification en 2016. J’entendais « l’avenir c’est l’eau ou les déchets », nous avons choisi les déchets ! Aujourd’hui, nos conteneurs PRAC (Produits Rembourrés d’Assises et de Couchage type oreillers, couettes) sont en test dans 70 déchèteries en France et depuis le mois de mai, nos produits sont référencés chez Veolia » précise, Ronan Le Tiec. Une stratégie qui porte ses fruits !

HEOL Composites, une technologie qui vise de nouveaux marchés porteurs

HEOL Composites (10 salariés – 1,7 millions de CA), basée à Tréffléan (56), conçoit et fabrique des pièces structurelles creuses monoblocs en composite carbone/époxy. Heol est mondialement connu pour ses foils (AC45-50 de la Coupe de l’America, GC32 des Extrem sailing series…). Spécialisé en nautisme, Heol est leader sur le petit marché de la voile de compétition. La stratégie de développement est de se diversifier sur d’autres marchés grâce à la technologie d’allègement pour des pièces structurelles. La problématique d’allègement adresse beaucoup de secteurs (industrie aérospatiale et automobile…).

ODC Industries, un produit phare pour élargir sa gamme

ODC INDUSTRIES (10 salariés – 700 k€ de CA) installée à Ploermel (56), a développé un produit phare dans le domaine médical : l’injecteur d’implants pour traiter la cataracte. Cet implant permet d’injecter les lentilles directement dans la cornée en limitant les manipulations. Cette production est exigeante ; elle répond à des normes médicales sévères. Maintenant, l’enjeu stratégique pour ODC consiste à élargir sa gamme tout en accélérant la commercialisation de son produit phare.

Secma Cabon, comment étendre la chaine de valeur

SECMA CABON (23 salariés – 2,75 millions d’euros de CA), basée à Quimper (29), est spécialisé dans la conception et l’installation de systèmes transitiques pour la conserverie alimentaire, « l’art du transfert » en somme. Secma Cabon vise une plus grande intégration de ses systèmes de conditionnement afin de générer plus de valeur et de se développer à l’international.

 

Ces stratégies de rupture vis-à-vis du positionnement habituel de l’entreprise sont généralement génératrices de marge et de chiffre d’affaires. Elles nécessitent au préalable de construire une vision stratégique : analyse du marché et de ses évolutions, analyse des atouts différenciants de l’entreprise, analyse du portefeuille Client.  Et pour mener à bien ces réflexions stratégiques, les PME bretonnes disposent d’un outil : Créativ.

Envie de confronter votre vision stratégique ?

Créativ  accompagne les PME bretonnes pour :

  • dresser l’état des lieux de l’entreprise sur son marché
  • identifier des scénarii de développement
  • prioriser les pistes de développement

CEEI Créativ |http://ceei-creativ.asso.fr/ | contact@ceei-creativ.asso.fr |02 99 23 79 00

Cécile LAGADEC – Conseillère innovation – Créativ

A Fougères, l’entreprise Sadex embrayages va mettre le turbo – actu.fr

Le remanufacturing est un marché d’avenir !

Sadex Embrayages, spécialiste de la rénovation d’embrayages depuis 90 ans, amorce une diversification de son activité avec le lancement de la rénovation de turbocompresseurs automobile au sein d’un nouvel atelier conçu spécialement.

Le développement de cette filière du remanufacturing nécessite la structuration de la collecte de pièces usagées en amont et en aval un réseau de revente de pièces rénovées. Sadex peut compter sur sa maison mère SASIC, fabricant/distributeur de pièces de rechange automobile, un des leaders sur son marché.

L’étude Européenne ERN (European Remanufacturing Network) anticipe une croissance de 50 à 100 % du marché du remanufacturing des marchés « Aerospace, Automotive, Rail » d’ici 2030.

Source : A Fougères, l’entreprise Sadex embrayages va mettre le turbo – actu.fr

Wecosta veut attaquer le marché du bâtiment

De l’industrie de l’automobile au bâtiment, il n’y a qu’un fil. Chercher des voies de diversification peut se révéler une stratégie payante à conditions d’identifier et de valoriser ses savoir-faire, de s’ouvrir aux partenariats et aux structures de soutien ; c’est ce que nous illustre l’exemple de Wecosta.

Equipementier automobile, Wecosta fabrique des conduits de ventilation pour véhicules. Les procédés, jusqu’ici purement plastiques, ont été complétés par des procédés utilisant du textile thermocompressé permettant des gains de masse et des propriétés acoustiques meilleures que le plastique.

Le procédé s’avère intéressant pour d’autres marchés dont le bâtiment : la gamme s’élargit ainsi avec des dalles de plafond, des panneaux acoustiques, des systèmes de ventilation…. D’ici 2020, Wecosta espère que les produits de diversification représenteront la moitié de son chiffre d’affaires.

 

Source : Wecosta veut attaquer le marché du bâtiment

L’usine Bosch de Mondeville mise sur l’IoT pour se diversifier

Sigfox, Wistiki, Devialet… De plus en plus de jeunes pousses de la French Tech font fabriquer des produits et composants dans l’usine Bosch de Mondeville, près de Caen. Ce site industriel, désigné Usine de l’année 2017 par L’Usine Nouvelle, a su se transformer pour accueillir ces nouveaux marchés, tout en faisant lui-même la preuve du potentiel de l’IoT industriel.

Bosch met à profit l’Internet des Objets comme un marché en croissance et à valeur ajoutée pour remobiliser ces actifs industriels et en développer de nouveaux.

Source : L’usine Bosch de Mondeville mise sur l’IoT pour se diversifier

Brest. SDMO-Kohler bouleverse sa stratégie – Bretagne – Le Journal des entreprises

SDMO, spécialiste brestois des groupes électrogène détenu par le groupe américain Kolher, se positionne sur un nouveau segment, celui des groupes de forte puissance de 800 à plus de 4000 kVA, pour les grands supermarchés ou les hôpitaux. Pour cela, le groupe s’est associé, et a co-développé avec l’allemand Liebherr des moteurs spécifiques. D’intégrateur de moteurs existant, il devient au passage concepteur et fabricant de moteur en partenariat augmentant sa maîtrise de la chaine de valeur. Le groupe prépare aussi son entrée dans les smartgrids et vise une croissance de la vente de services.

Source : Brest. SDMO-Kohler bouleverse sa stratégie – Bretagne – Le Journal des entreprises

Le nantais Armor lance la production de ses films photovoltaïques – Énergie – Environnement-magazine.fr

Armor franchit une étape clé dans sa stratégie de diversification. L’entreprise française va fabriquer à l’échelle industrielle ses films photovoltaïques.

Source : Le nantais Armor lance la production de ses films photovoltaïques – Énergie – Environnement-magazine.fr