#Chainedevaleur #Collaboration

La coopération interentreprises, illustration avec les sous-traitants du ferroviaire

La coopération interentreprises permet d’allier des compétences complémentaires pour répondre à des marchés sur lesquels l’entreprise ne pourrait aller seule. Cela induit de la complexité, demande un « savoir-faire ensemble », exige aussi un partage équitable de la valeur et des règles contractuelles claires.

C’est parfois les clients de la filière même qui l’exigent, comme dans le ferroviaire. Alstom et Bombardier ont des carnets de commandes bien pourvus pour 2 ans et se développent à l’international. 70% des composants d’un train sont achetés à des sous-traitants ; ces acteurs ont donc besoin de sécuriser leurs approvisionnements notamment pour leur développement à l’international. Ils ont également besoin de partenaires suffisamment gros pour supporter des démarches d’innovation. Ces 2 grands donneurs d’ordre du ferroviaire sont ainsi devenus très insistants auprès de leurs fournisseurs afin qu’ils se regroupent. Dans le nord de la France qui concentre 50 % de la filière train en France, plusieurs acteurs répondent favorablement à cette demande. Mais plutôt que de fusionner ou s’adosser à des plus gros acteurs, plusieurs décident de se constituer en groupement d’entreprise. Un seul répond au donneur d’ordre mais utilise la totalité du groupement. Le groupement Exelium s’est ainsi constitué en réunissant les compétences de plusieurs bureaux d’étude. Un deuxième groupement s’est également construit associant ingénierie, construction mécanique et maintenance industrielle afin de fournir une offre complète.

Une manière de conserver l’agilité et le savoir-faire des entreprises tout en répondant à l’exigence des donneurs d’ordre de réduire le nombre de sous-traitants.

Le dispositif régional Breizh Fab, conscient de ces enjeux, propose aux PME industrielles bretonnes de définir et de structurer un projet d’alliance. (plus de renseignements ICI).

Franck LAMIRE, conseiller innovation, Créativ

Source : Les sous-traitants du ferroviaire chassent en meute – Ferroviaire – L’Usine Nouvelle – 25/11/18

La famille EIT s’agrandit : l’industrie au cœur de l’innovation européenne

EIT manufacturing : un accélérateur européen pour le futur de l'industrie

EIT manufacturing : un accélérateur européen pour le futur de l’industrie

C’est non sans une certaine fébrilité que nous avons appris la création de nouveaux EIT par l’Institut Européen de l’Innovation et des Technologies, l’un des fers de lance de la Commission Européenne.

Dans le cadre de nos activités, nous avons le plaisir de travailler régulièrement avec les EIT InnoEnergy et EIT Climate-KIC au service des projets que nous accompagnons.

Nous avons donc attentivement étudié les premières communications autour du nouvel EIT Manufacturing, à la fois pour identifier les opportunités de lien avec Breizh Fab et pour les PME industrielles que nous accompagnons.

Des perspectives de coopération !

feuille de route 2030 EIT Manufacturing

Objectifs de l’EIT Manufacturing

La feuille de route et les ambitions associées semblent en très forte adéquation avec la vision défendue par les acteurs du dispositif Breizh Fab.

Quelles priorités pour l’EIT Manufacturing ?
  1. Développer l’excellence des compétences et talents : accroître la production de Valeur grâce à une main-d’œuvre hautement qualifiée et des étudiants engagés
  2. Encourager l’émergence d’écosystèmes efficients d’innovation industrielle : développer le potentiel de création de Valeur en créant des écosystèmes propices à l’innovation, à l’entrepreneuriat et à la transformation des entreprises, axés sur les points chauds de l’innovation
  3. Accélérer la numérisation complète de l’industrie : favoriser la création de Valeur grâce aux solutions et plates-formes numériques qui connectent des réseaux de valeur à l’échelle mondiale.
  4. Promouvoir une industrie plus tournée vers ses clients : répondre à la croissance de la demande personnalisée globale pour développer de nouvelles voies de création de Valeur.
  5. Accélérer la transformation vers une Industrie européenne plus socialement durable: encourager la différenciation par des modes de production et des produits plus sûrs, plus sains, plus éthiques et plus socialement durables.
  6. Accompagner la métamorphose de l’Industrie européenne en une industrie plus respectueuse de l’environnement, plus verte et plus propre pour augmenter son potentiel de création de Valeur.

Des ambitions inspirantes et des perspectives de collaborations fructueuses pour cette nouvelle année !

Guillaume Ménard, conseiller Innovation – CEEI Créativ

d’après le communiqué de l’Institut Européen de l’Innovation & des Technologies (05/12/18)

visuel engagement réparabilité SEB

SEB : acheter c’est bien, louer c’est mieux ?

Au sein du monde de l’industrie, la 2CV et SEB sont parmi les références culturelles classiques des formations à l’analyse fonctionnelle et au design.

visuel engagement réparabilité SEBEn effet les lignes de produits développées par SEB ont au cours des Trente Glorieuses conquis de nombreux foyers avec une promesse de simplicité d’utilisation et de gain de temps pour la préparation des repas.

Mais face à la concurrence de produits à bas coût et d’industriels adoptant des stratégies d’imitation, la seule course à l’innovation ne peut suffire notamment pour assurer les investissements marketing nécessaires au lancement d’un ‘appareil culinaire’. SEB cherche donc à déplacer le terrain de la compétition en explorant de nouveaux modèles économiques.
En pionnier SEB prépare la transition d’un modèle de vente de ‘fonction’ à un modèle d’économie de la fonctionnalité.
En effet, en association avec Monoprix, SEB éprouve une nouvelle fois ce business model, après une première expérimentation à l’échelle de la métropole de Dijon, c’est à présent testé à l’échelle d’arrondissements de l’ouest parisien.

Parmi les enseignements attendus, on peut anticiper que les équipes de SEB souhaitent :
– confronter cette offre de location aux attentes et comportements de consommation, la sensibilité prix n’est sans doute pas la seule inconnue de l’équation ;
– éprouver ce nouveau service, les challenges logistiques notamment le lavage des appareils font partie des conditions de succès commerciaux ;
– prendre un coup d’avance sur le volet réparabilité de ses produits alors que les services après-vente présentent le profil de relais de croissance et que l’affichage de l’indice de réparabilité pourrait changer la donne en termes de critères d’achat ;
– et enfin dans un contexte d’émergence de pure players de la location et de l’abonnement (Zilok et consorts) ou de diversification des leaders de la distribution (Amazon, Boulanger et son offre Lokeo), SEB met en place une stratégie qui doit lui permettre de réduire le risque de réintermédiation de son activité, autrement dit de captation de la valeur par de nouveaux acteurs.
Observer l’aventure SEB avec Eurecook nous ouvrirait un hublot sur le futur de l’industrie.

Guillaume Ménard, conseiller Innovation – CEEI Créativ

D’après Les Echos (le 19/10/18) et Novethic (le 14/11/18)